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La gestion des déchets, un principe à revoir ?

9 minutes de lecture

Depuis la sortie du bilan du Bureau d’Audiences Publiques sur l’Environnement ( BAPE ) concernant ‘’L’état des lieux et la gestion des résidus ultimes‘’ beaucoup de questions ont été soulevées concernant la gestion des déchets au Québec.

Dans cet article, on souhaite vous informer sur les procédés utilisés et ce que nous pouvons faire en tant que société pour l’améliorer.

Tout d’abord, pour bien comprendre le problème, il faut savoir comment fonctionne la gestion des déchets au Québec.

L’enfouissement des déchets

Nous avons deux manières de fonctionner, la première étant l’enfouissement.
Au Québec, on enfouit cinq millions de tonnes de déchets par année et cela a énormément de conséquences sur l’environnement. Les sites d’enfouissement sont opérés sept jours sur sept, 24 heures sur 24 pour assurer un contrôle stable de la production de contaminants.

Malheureusement, les impacts environnementaux de l’enfouissement de déchets sont énormes sur les eaux, l’atmosphère et le climat. Pour comprendre voici le procédé utilisé.

Les sites d’enfouissement sont de grands champs composés de plusieurs sections. Ces sections sont surnommées cellules et sont construites de cette façon :

On creuse dans la terre pour créer un puits concave. Par la suite, on ajoute ces éléments dans cet ordre : un étoffe de tissus couvert de terre, une membrane de plastique, un grillage, une autre membrane de plastique et finalement 50 cm de roches, les déchets seront ajoutés sur le dessus. La base des cellules à été pensée pour retenir les eaux usées causées par les déchets, la pluie et la neige pour qu’elles ne se retrouvent pas dans les sols.

C’est à ce moment que l’on rencontre le premier défi, la contamination des eaux. Des canalisations sont construites dans les cellules pour apporter les eaux usées dans un bassin. Le bassin achemine le tout à l’usine qui filtrera les eaux des métaux lourds et de l’azote qui les contaminent.
Finalement, le tout sera rejeté dans un ruisseau. Cependant, l’eau n’y est pas potable, elle respecte tout simplement les normes du ministère.

Le deuxième problème est la production de biogaz. Les matières organiques qui se décomposent produisent du méthane qui est un gaz à effet de serre.

Pour éviter que le méthane se retrouve dans l’air et pollue, on referme les cellules d’une autre membrane de plastique lorsqu’elles ont atteint leur maximum. Cependant, la membrane réussit à capter seulement 90 % des gaz produits, le reste est relâché dans l’air. Pour capter les gaz restants, des tuyaux sont installés dans les cellules leur permettant de sortir dans des puits pour être filtrés. Une partie du méthane traité peut être vendu à des entreprises utilisant ce gaz comme énergie, mais ce n’est qu’un petit pourcentage. Le reste est brûlé, ce qui dégage du CO2, un autre gaz à effet de serre (mais moins nocif que le méthane).

Sachant que les matières organiques produisent du méthane pendant 10 ans en se décomposant, on ne peut jamais rouvrir les cellules pleines donc les montagnes de déchets ne disparaîtront presque jamais. Quand on manque de place, comme en ce moment, on doit continuer à agrandir les sites, en coupant les forêts aux alentours par exemple.

L’incinération

Deuxième technique, l’incinération des déchets. C’est celle que l’on utilise à Québec où sont traitées 245 000 tonnes de déchets annuellement.

Derrière cette technique, une équipe d’ingénieurs s’assure que toutes les étapes soient effectuées de la bonne façon et c’est un procédé assez complexe. Premièrement, l’un des plus gros défis est en fait de réussir à brûler les déchets à une température constante. Si les déchets perdent en chaleur, la combustion y est alors incomplète et c’est à ce moment qu’on émet du monoxyde de carbone, un gaz néfaste pour la santé. Pourquoi est-ce difficile de garder une température constante ? Les déchets n’ont pas tous le même pourcentage d’humidité et c’est ce qui fait que cette étape est complexe à réaliser !

Malgré ce que l’on peut penser, l’incinération est en fait moins polluante que l’enfouissement, mais tout dépend de ce qu’on y jette…

Malheureusement, beaucoup de gens jettent encore des batteries et du plastique qui seront brûlés puisqu'il n’y a pas de tri à l’usine d’incinération. Cela apporte des contaminants ( métaux lourds ) qui polluent alors l’air malgré le filtrage minutieux déjà effectué.

Mais quels sont réellement les avantages au niveau environnemental ?

Tout d’abord, le réemploi. Les gaz produits par l’incinération sont utilisés comme énergie par la papeterie White Birch et bientôt par le nouvel hôpital de l’Enfant Jésus. Cela a des impacts positifs sur l’environnement puisqu’on remplace l'énergie qui aurait été produite par d'autres combustibles plus polluants.

Deuxièmement, l’incinération permet d’éliminer presque tous les déchets acheminés à l’incinérateur. Ceux qui ne brûlent pas tel que le fer seront envoyés à la sortie, à l’éco centre, on dit en récupérer 5 000 tonnes par année. Les cendres restantes, qui représentent environ 20 % de la totalité des déchets brûlés, sont enfouies.

Selon les experts, se tourner vers l’enfouissement aurait donc des conséquences plus élevées en termes de gaz à effet de serre. Le fait est que, oui il y a des avantages, mais malheureusement, l’incinérateur a aussi un gros désavantage: son impact sur la santé des citoyens et sur la biodiversité. Les fumés sortant de l’incinérateur contiennent des dioxines (un groupe de composés chimiques apparentés qui sont des polluants organiques persistants dans l'environnement). À l’aide de l’air, les dioxines se déposent sur les matières organiques, tels que les végétaux. Les effets sur la santé de ces contaminants sont également connus, on parle de problèmes respiratoires, d’effets cutanés, de problèmes immunologiques, de troubles de la reproduction et de cancers. Les dioxines ne sont pas dommageables à faible dose, mais se concentrent dans l’organisme par bioaccumulation (processus d'assimilation et de concentration des métaux lourds dans l'organisme.) Imaginez donc les conséquences sur les citoyens de la ville et la biodiversité à long terme ! Heureusement, la ville indique avoir fait les modifications nécessaires pour que les rejets des différents gazs soient dans les normes. C’est donc une méthode à surveiller !

Le recyclage

On se fait souvent dire qu’il est important de recycler et que c’est écologique, mais qu’en est-il réellement ?

Le plus important dans la gestion des déchets est en fait comment le tri s’effectue à la maison et quels sont nos modes de consommation. Il est important de mettre les déchets dans le bon bac pour s'assurer qu’ils arrivent à la bonne place et puissent être traités le mieux possible.

Malheureusement, le bac de recyclage ne veut pas dire que les déchets seront recyclés. Au Canada, nous produisons annuellement 125 kg de déchets plastiques par habitant. Neuf pour cent de ceux-ci auront une deuxième vie, quatre pour cent seront incinérés.Mais, alors, qu'arrive-t-il avec le reste ? Et bien, comme pour les déchets classiques, ce sera enfoui. Sachant que le plastique prend 100 ans à se dégrader, ce n'est pas une option viable !

Beaucoup de nouvelles technologies voient le jour pour récupérer les déchets ultimes (déchets qui ne sont plus valorisables, ni par recyclage, ni par valorisation énergétique) tels que le polyester, le textile, les matelas, etc. Le problème avec cette solution c’est qu’on continue à créer des façons de réutiliser des matières pour qu’elles aient moins d’impacts environnementaux que si on les produisait à partir de zéro. Finalement, on consomme de l’énergie et de nouveaux produits sont mis sur le marché. C’est une solution à court terme, mais ce n’est pas envisageable à long terme puisque cela implique de rester pris dans un cercle vicieux de consommation.

En effet, nous pouvons en conclure que ces techniques de gestion des déchets ne sont pas au meilleur de ce qu’elles pourraient être et ce ne sont probablement pas ce qui nous aidera à surmonter les défis nécessaires. Les normes à respecter devront être plus basses pour que l’on puisse arriver rapidement au but du BAPE, soit de produire 525 kg de déchets par habitant versus 700 kg à ce jour. Cet objectif est sans aucun doute réalisable. Quand on compare avec la ville de Beaconsfield qui a réussi à atteindre le 300 kg par habitant en mettant en place un système de gestion de déchets fonctionnel, on pourrait se demander si le bilan du BAPE manque d’ambition.

Les solutions

Si continuer à chercher uniquement des solutions de récupération n’est pas viable à long terme, la vraie solution réside ailleurs. Il faudrait, par exemple, réduire sa consommation de produits emballés là où c’est possible. Car, dans le fond, le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas !

Par ailleurs, il devrait y avoir dans chaque communauté un procédé pour les matières organiques (comme le compost) pour s'assurer qu’elles ne soient pas enfouies ou brûlées mais qu’elles puissent être valorisées d’une manière plus propre.

Bien sûr, l’information et la sensibilisation sont des piliers importants du changement au sein de la communauté. Comme suggéré par L’AQZD dans son mémoire 2021*, des campagnes de sensibilisation sur la production de matières résiduelles doivent être mises en place pour éduquer la communauté sur ces enjeux.

Si le mode de vie zéro déchet est un choix individuel au départ, il pourrait devenir une nécessité pour que l’on puisse transitionner vers une société qui consomme autrement et de façon plus raisonnée .

Tout ceci ne peut pas se faire en un jour alors, informons-nous et partageons autour de nous les bonnes pratiques pour sensibiliser notre entourage afin d’encourager un avenir plus vert !

Sources:

https://savoir.media/du-genie-pour-la-planete/clip/recycler-nos-dechets?gclid=Cj0KCQiAxoiQBhCRARIsAPsvo-zBMPe5QGx6um3Z1_OyYrqoQazMeR5TQq2bC6lbJBnMGxJUHDqgKcAaApnqEALw_wcB

https://ici.radio-canada.ca/tele/decouverte/site/episodes/594536/dechets-ordures-poubelles-enfouissement-decouverte

https://www.aqzd.ca/wp-content/uploads/dlm_uploads/2022/02/memoire-aqzd-bape-residus-ultimes-1.pdf

https://www.incinerateur.qc.ca/foire-aux-questions#10

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