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Les revers de l'industrie textile

6 minutes de lecture

On ne peut pas se le cacher, l’industrie du textile est l’une des plus polluantes au monde. La production de textile émet 1,2 milliards de tonnes de gaz à effet de serre chaque année et ça ne fait qu’augmenter ! Par ailleurs, on estime que 500 000 tonnes de microfibres sont relâchées dans nos eaux annuellement, simplement par le simple geste de laver nos vêtements. Oui d’accord, mais pourquoi et que pouvons-nous faire ? Dans cet article, nous souhaitons vous sensibiliser sur les impacts sociaux et environnementaux de la mode afin de vous aider à faire des choix éclairés. 💡

Pour mieux comprendre, voici le cycle de vie de nos vêtements :

Les matières premières

Matières végétales

La matière végétale la plus utilisée est le coton.
Cette fibre est extrêmement gourmande en eau et en pesticides, ce qui est néfaste pour l’environnement. Souvent cultivée dans des pays où l’eau n’est pas autant abondante que dans les pays plus développés, on doit alors y détourner des rivières et des lacs pour irriguer les champs. L’utilisation de pesticides est nocive pour les écosystèmes mais également pour les travailleurs qui ne peuvent pas toujours s’équiper convenablement pour se protéger.

Matières synthétiques

Il existe plusieurs sortes de fibres synthétiques dans l’industrie textile, mais la plus populaire est le polyester !
Cette fibre synthétique est en fait principalement composée de pétrole. Chaque année, 70 millions de barils de pétrole sont utilisés simplement pour la confection de vêtements.

Le filage et le tissage

Cette étape dans le cycle de vie des vêtements est très polluante considérant que les fibres sont traitées pour assurer leur résistance dans les machines industrielles. On enduit les fils de cire, de graisse ou tout autre produit qui n’est pas souvent d'origine végétale, dans le but de les solidifier. Après avoir tissé le fil, les tricots sont lavés et c’est à ce moment que les produits toxiques sont rejetés dans l’eau. Ce procédé endommage les écosystèmes, surtout dans les pays où le traitement des eaux n’est pas rigoureux.

Ennoblissement

Mais qu’est-ce que c’est l’ennoblissement ? C’est en fait comment on nomme la phase de transformation physique des étoffes. C’est à cette étape que l’on blanchit les vêtements, les teint et qu’on y ajoute des motifs qui leur donneront leur aspect final.

Un des gros problèmes concernant cette étape est que les grandes entreprises se sont tournées vers les pays sous-développés pour établir leur production. Les réglementations environnementales y sont souvent moins rigoureuses ou inexistantes et ils n’ont donc pas à gérer les rejets toxiques de leur production.

Les travailleurs-ses de ces ‘’usines’’ travaillent souvent 18 heures par jour, 6 jours sur 7, pour des salaires extrêmement bas, parfois simplement assez pour nourrir leur famille. Il ne faut pas oublier qu’ils/elles sont en contact constant avec des produits et métaux lourds extrêmement toxiques qui mènent souvent à des empoisonnements et des maladies incurables tels que des cancers.

La confection

Une fois le tissu terminé, il est maintenant temps de fabriquer les vêtements.

Le but premier ? Produire au coût le plus bas.
Pour ce faire, on se tourne vers des pays tels que l’Inde, le Bangladesh et la Chine. Pourquoi ? Tout simplement parce que dans ces pays il n’y a pas de réglementation concernant les droits des travailleurs. Des centaines d’usines du style ‘’sweatshop’’ ont vu le jour dans les dernières décennies. Les ''sweatshop'' sont des manufactures employant des femmes/hommes et enfants à des salaires en dessous du seuil de pauvreté dans des conditions inhumaines pour assurer une forte production au prix le plus bas.

Le transport

Avant qu’ils soient mis en vente, nos vêtements ont fait le tour du monde. Oui oui ! À partir du moment où les fibres ont été récoltées et/ou créées, chaque étape s’est faite dans un pays différent. Nos vêtements peuvent avoir parcouru minimum 12 000 km pour se rendre à nous !

Nul besoin de vous dire que le transport est une industrie polluante et surtout dans des conditions où tout est fait rapidement, à moindre coût, aux dépens de l’environnement et des humains.

L’entretien

Les deux dernières étapes de la vie de nos vêtements dépendent de l'entretien que nous faisons à la maison !

Oui, on aurait pu croire qu’une fois rendus dans nos gardes robes, nos vêtements n’ont plus d’impacts, mais en réalité, c’est faux.

L'entretien de nos vêtements a une grande empreinte écologique. Chaque fois que nous partons une brassée, des milliers de microparticules sont rejetées dans les eaux et celles-ci sont tellement petites qu’elles sont rarement filtrées, donc terminent dans l’eau que l'on boit, dans notre nourriture, etc. Il ne faut pas oublier que l’énergie utilisée lors d’un cycle de sécheuse a aussi un énorme impact sur l’environnement !

Le recyclage

La dernière étape de vie est la manière dont on dispose de nos habits ! Lorsqu’on envoie des sacs dans des centres de tri textile, malheureusement tout n’est pas recyclé. Selon Certex, un organisme œuvrant dans la récupération de vêtements, 1 morceau sur 10 est revendu dans les friperies, 5 sur 10 seront jetés à la poubelle et le reste sera vendu à des pays défavorisés.

Bien sûr, il y a l’option de remettre à des organismes à but non lucratif qui, eux, pourront les mettre sur leurs tablettes !
Cependant, il faut bien choisir ! En gardant en tête que le premier problème est la surconsommation, beaucoup d'organismes se ramassent avec trop de dons et les vêtements peuvent terminer à la poubelle, encore une fois, s’ils ne sont pas bien gérés.

Les solutions

Bon, ça semble bien morose tout ça, cependant il existe plusieurs solutions à adopter pour faire notre part quotidiennement !

  • Privilégier les vêtements ayant ces étiquettes :

    Pour des vêtements éthiques : Équitable écocert, fair for life, fairtrade, soil association organic, certifié équitable.
    Pour des vêtements bio et/ou sans danger : blue design, confidence textile, Québec vrai, ecocert, ecolabel, Global organic textile standard, Projet SANS OGM, USDA organic

  • Privilégier les matières recyclées.

  • Privilégier les vêtements bruts qui n’ont pas eu de transformation chimique et/ou les vêtements teints naturellement.

  • S’informer sur la provenance.

  • Acheter seconde-main et/ou local.

  • Laver moins fréquemment certains vêtements

  • Laver à l’eau froide pour économiser de l’énergie.

  • Privilégier le séchage à l’air libre.

  • Réparer les vêtements pour pouvoir les réutiliser.

  • Avant de donner tous vos vêtements, triez-les et informez-vous, peut-être que quelques-uns de vos articles pourraient être recyclés !

Afin de faire notre part, sachez que nous tenons un petit espace friperie au deuxième étage de notre boutique sur l’avenue Cartier. Si vous souhaitez venir nous porter un sac de vêtements, prenez note que tous les articles seront triés et nous nous engageons à remettre les vêtements non sélectionnés au YWCA de Québec.

Cet article a été écrit avec la conscience que ce n’est pas à la portée de tous d’acheter des vêtements avec des certifications bio/équitables ou bien même d’avoir accès à des vêtements de seconde-main (qui parfois peuvent être dispendieux ou ne pas être disponibles dans la bonne grandeur). Nous faisons tous et toutes notre possible, en fonction de nos valeurs et besoins et, au final, c’est ce qui est important. Chaque geste compte, ne l’oubliez pas !

Sources :

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